Tous

Gardons bien à l’esprit la différence entre bien collectif et biens communs. Si la mise en place et l’entretien d’un espace collectif est une « affaire d’État », les biens communs sont l’affaire de TOUS.

Tous les États de la planète nous montrent leur impuissance (ou leur absence d’intérêt) à gérer les biens communs. Ils font sans cesse appel à deux ressorts qui fonctionnent de moins en moins bien ; la citoyenneté et la solidarité.

Si l’on s’en tient au ressort de la citoyenneté, on peut constater, à partir des taux de participation aux élections régulièrement organisées dans les payes démocratiques, que ce ressort s’use. La politique s’est professionnalisée , et aucun programme politique ne montre sa capacité à dépasser, à transcender l’intérêt privé, qui dépèce les biens communs.

Le ressort de la solidarité fonctionne indépendamment (et en dépit) de l’usure du mouvement citoyen. Chaque catastrophe, qu’elle soit d’origine naturelle (cyclone), humaine (guerre), ou liée au manque d’entretien des biens communs (perturbations climatiques), déclenche de vastes mouvements de solidarité, le plus souvent très mal gérés par les Pouvoirs Publics. Il est toutefois fort possible qu’avec la multiplication probable des catastrophes, le ressort solidaire ne s’use aussi, et rapidement.

La citoyenneté a évolué au fil de l’histoire humaine. Le citoyen d’aujourd’hui n’est plus seulement membre d’un État ou d’une Nation ; il appartient aussi parfois à une organisation supranationale, et surtout, il habite la planète Terre. L’accroissement de la population mondiale et l’efficacité de moyens de transport ont rendu obsolètes les pratiques modernes de la citoyenneté, prisonnières de frontières et d’idées démocratiques libérales issues des révolutions anglaise, américaine et française des 17ème et 18ème siècle. Le “costume de citoyen” que l’on veut nous faire endosser aujourd’hui et devenu trop étroit. Il ne correspond plus à la réalité.

La solidarité est le second principe fondateur des sociétés. Cet élan spontané, qui pousse à aider l’autre lorsqu’il est en difficulté, a été codifié en fonction des cultures. Dans les sociétés de type occidental, les “Bonnes Œuvres” d’inspiration religieuse ont été complétées  d’une “Assistance Publique”, puis de nombreux droits (protection de l’Enfance, sécurité sociale…), sans toutefois recouvrir exactement la solidarité humaine, altruiste et gratuite, qui possède une toute autre puissance. 

Ce levier est assez puissant, s’il est employé par tous les citoyens de la planète, pour protéger et gérer les bien communs. Son pouvoir dépend seulement du bras qui va s’en servir.

Petite bibliographie

  • Le Bien commun – Éloge de la solidarité de Ricardo Petrella aux éditions Page Deux, Lausanne, 1997
  • Le bien commun, de Noam Chomsky aux Éditions Écosociété, 2013 pour l’édition française.
  • L’homme. le libéralisme et le bien commun, d’Axel Kahn, chez Stock, 2014
  • L’humanitude au pouvoir : Comment les citoyens peuvent décider du bien commun, de Jacques Testart aux éditions du Seuil, 2015
  • Le bien commun – enjeu politique du développement durable de Jacques Beauchard aux éditions L’Harmattan, Paris, 2021
  • La pandémie, l’Anthropocène et le bien commun, de Benjamin Coriat, aux Éditions Les Liens qui Libèrent, 2022

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