Pouvoir(s)

L’emploi du pluriel s’impose car les pouvoirs sont d’autant plus diffus qu’ils sont nombreux. 

Le pouvoir de la force est écarté en raison de son archaïsme et de son potentiel destructeur ; plus les humains sont nombreux sur la planète, et plus l’usage de la force est archaïque et dévastateur.

Au plan politique, les Constitutions des pays démocratiques veillent à séparer les trois pouvoirs de base (exécutif, législatif et judiciaire) en organisant pour le mieux les relations entre les administrations qui les détiennent. À ces trois pouvoirs s’ajoute un quatrième, la presse, ou plus largement les médias. Le journaliste peut, à travers son art, représenter un contre-pouvoir, pourvu que son travail d’enquête se déroule indépendamment des pouvoirs économiques en présence dans les organes de presse. Un cinquième pouvoir fait parler de lui depuis une vingtaine d’années, sans être encore bien défini, entre internet, l’économie ou la monnaie (qui n’est plus un monopole d’État). 

Les personnes détentrices d’un pouvoir, quel qu’il soit, peuvent l’exercer dans la durée grâce à l’autorité. Cette autorité leur est conférée en raison d’un savoir ou d’un potentiel particulier, en un mot une compétence. Ce pouvoir peut reposer sur le charisme aussi bien que sur la maîtrise d’un art. Chez les humains, le principal vecteur du pouvoir est la parole (rhétorique ou écrit), à quoi la technique (dessin et peinture, photo, cinéma, écrans…) a ajouté l’image. Il faut souligner que le pouvoir s’exerce aussi dans le monde animal (les grégaires sont “conduits” par un(e) seul(e)), et très probablement aussi dans le monde végétal (certaines plantes sont inféodées à d’autres, dans des systèmes complexes et communicants). L’analyse du lien entre la source de l’autorité et le sujet sur lequel elle s’exerce démontre l’existence d’une relation complexe, reposant d’un côté sur l’obéissance, et de l’autre sur la reconnaissance de la justesse du pouvoir exercé.

Le pouvoir individuel s’exerce dans les limites du réel, et dans le respect du collectif.

Les écrits du philosophe grec Aristote, élève de Platon, sont unanimement reconnus pour avoir fortement influencé le monde occidental. Ils ont traversé l’Histoire en partie grâce au droit romain, et en partie grâce aux traductions qui en ont été faites par les traducteurs, du grec en latin, et en français. Les traducteurs s’alors étaient des prélats, qui entretenaient le plus souvent des rapports étroits avec les monarchies. Les préceptes aristotéliciens se trouvent ainsi transmis et acculturés durant le Moyen Âge à travers toute l’Europe.

Ils donnent lieu à différentes interprétations, nourrissant une importante réflexion sur le bien commun (qui n’est ni privé ni collectif), et les relations entre pouvoir individuel et pouvoirs politiques et religieux.

Des historiens travaillent encore aujourd’hui sur cette foisonnante pensée médiévale autour des écrits laissés par Aristote.

Ce dernier saura-t-il nous guider pour inventer des règles de vie mieux adaptées à nos problèmes contemporains ?

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