Chorus

Le “nous” repris à l’envi dans le chorus électoral actuel n’a rien à voir avec celui évoqué ici la semaine dernière. Il faut dénoncer et dépasser la banale exploitation marketing et entrer de plain pied dans la complexité de “nous”.

Chacun pourrait s’en faire une petite idée dans l’exercice du chant choral, pourvu que la principale mission de celle ou celui qui dirige le chœur soit d’apprendre à chacun à écouter les autres et à harmoniser sa voix avec les leurs. Un chœur n’est pas une somme d’ego, aussi bons musiciens soient-ils, mais un ensemble de voix qui ont appris à fusionner. Cet apprentissage n’a qu’un assez lointain rapport avec la connaissance musicale, mais c’est l’assurance de vivre la joie profonde que donne l’exercice du “nous”.

Sylvie Gendreau aborde d’une autre façon cette question en illustrant son propos de la semaine avec les résultats du projet Aristote, une recherche sur ce qui distingue une équipe de travail performante des autres, aussi brillantes soient-elles…

Pas de mystère, la différence tient dans la qualité de la relation, à soi, aux autres qui constituent le groupe, et au tout que représente l’objectif…

Sans doute les équipes sportives peuvent-elles parvenir à l’excellence par le même souci de coopération, et faire partager des moments forts à leurs supporters, qui auront eu l’impression de vivre, pour l’occasion, une joie unique. Il faut toutefois distinguer clairement cette jouissance profonde, issue d’une coopération avec son équipe, de l’exaltation passagère provoquée par la compétition.

L’erreur profonde de nos organisations humaines tient probablement dans cette confusion permanente entre coopération et compétition, qui ramène à l’individu ce qui devrait être fait en équipe… 

Il suffit d’apprendre à s’écouter pour s’entendre. 

Ainsi pourra-t-on se faire une petite idée de la puissance du “nous”.

Faire chorus, fut-il électoral, n’a décidément rien à voir avec le chant choral.

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