Charisme

Le charisme (du grec ancien kharisma) est un don particulier conféré par grâce divine.

Certaines religions reconnaissent encore aujourd’hui cette forme d’énergie particulière, qui suscite transe, glossolalie, prophétisme… 

Au XIXème siècle, le mouvement spirite codifié par Allan Kardec se développe à Paris, puis dans toute l’Europe, avec l’appui de personnalités réputées, comme Victor Hugo ou Camille Flammarion. Le spiritisme s’appuie sur le concept d’énergie avec un vocable particulier, le périsprit, qui constitue, avec le corps physique et l’esprit, le corps humain. Malgré les efforts de ses adeptes les plus érudits, le spiritisme ne parvient pas à accéder au statut de “science” (en apportant par exemple la preuve d’une forme de vie après la mort), ce qui n’empêche pas le mouvement de se répandre largement, le Brésil restant de nos jours le foyer le plus actif. 

La tombe d’Allan Kardec est toujours l’une des plus fleuries du cimetière du Père Lachaise.

Le charisme des chamans, marabouts et spirites provoque régulièrement un regain d’intérêt populaire, particulièrement durant les crises sociales, mais d’autres personnalités se distinguent par le même magnétisme, le plus souvent sans référence religieuse particulière. L’Histoire opérant un embellissement très subjectif au fil du temps, la révolution française, le mouvement romantique ou les écoles philosophiques érigent tour à tour leurs galeries de “Grands Hommes”, tous plus ou moins pourvus d’un charisme avéré. Le mouvement féministe prend très justement le contrepied des grands hommes, en désignant ses “Grandes Dames”. En son temps, Tamar Ière de Géorgie, administre de façon si exemplaire son pays que sa réputation lui vaut le surnom de « Roi des Rois et Reine des Reines ».

Indépendamment du genre, il est fort probable que SM la Reine Élisabeth II figurera sur la liste des personnalités mondiales les plus charismatiques. Son décès a mis en perspective son règne de telle façon qu’il n’est pas permis d’en douter.

Peut-être est-ce là l’occasion de mieux cerner l’origine de son charisme. Sa filiation peut certainement tenir une certaine place : le sang royal jouit toujours d’un prestige indéniable, et alimente plus que jamais l’imagination des écrivains et des scénaristes. Par delà l’idolâtrie (« A cat may look at a king« ), William Shakespeare (Richard III), Edmund Spenser (The Faerie Queene), ou nos contemporains Sue Townsend (La Reine et moi) et Alan Bennett (La Reine des lectrices) ont, parmi bien d’autres, usé de la fibre royale pour porter leurs récits au succès.

Cependant, et à son corps défendant, la dynastie des Windsor a généré un matériau romanesque qui n’a pas toujours été favorable au charisme de feue sa représentante. L’estime dont elle a bénéficié tient surtout dans le fait qu’elle a porté la couronne par accident, avec compétence et abnégation, exceptionnellement longtemps. Enfin, l’essence même de son charisme semble devoir essentiellement à la maîtrise de son empathie, qui laissait transparaître son humanité et sa féminité, en dépit du poids et de l’écran des traditions liées à son rang ; une exceptionnelle qualité d’écoute.

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