Autorité

Les sociétés humaines reposent sur l’emploi de la force, quel que soit le système hiérarchique – les individus dans la force de l’âge dominent les plus jeunes comme les plus âgés, – les individus de sexe masculin dominent ceux de sexe féminin, – les groupes les mieux organisés, armés, outillés, dominent les autres, – l’homo sapiens étend sa domination sur toutes les autres espèces vivantes et les détruit. À tous les niveaux, aujourd’hui plus que jamais, le facteur clé pour maintenir l’état de domination est l’agression. Le moyen de plus sophistiqué d’agresser dans les sociétés humaines est l’accaparement des ressources par les plus “riches” aux dépens des plus “pauvres”. Tel est le “programme” qui s’est imposé au fil de l’expansion des hominidés sur la Terre. En l’actuel état des connaissances scientifiques, aucun autre être vivant organisé socialement n’a poussé aussi loin son agressivité à l’encontre de ses congénères et son environnement.

Ce que ces découvertes suggèrent, c’est que rien dans le monde de la socialité non humaine n’implique un sentiment de subordination aussi profond et prégnant psychologiquement que l’invention humaine de la pauvreté. Robert Sapolsky.

L’autorité n’est pas autre chose que l’emploi de la force, pour dominer. Les personnes autoritaires accordent une grande importance à l’obéissance, au respect des règles et des normes sociales, de l’autorité, et adoptent une attitude punitive à l’encontre des personnes s’écartant de ces normes. Sur les réseaux sociaux – espaces dédiés à la parole -, la coercition s’exerce avec l’emploi de la violence par le verbe ou l’image.

La domination sociale se situe au confluent de différents champs d’études : anthropologie, médecine, psychologie clinique, sociologie, économie, etc… Il est cependant fort probable que le principal ressort qui anime l’autoritarisme et son auto-maintien est la peur. La psychologue américaine Michele Gelfand pointe, dans une étude portant sur 33 pays, que les normes de cohésion et l’intolérance se renforcent sous l’effet de facteurs tels que la rareté des ressources, la menace territoriale, et la menace infectieuse

Aujourd’hui, les contextes politique, économique et sociétal sont donc réunis pour un autoritarisme paroxystique tous azimuts !

La question essentielle est, à ce stade, de trouver comment espérer modifier le “programme” !

La biologie a fait des progrès tels qu’ils nous permettent de découvrir de plus en plus de stratégies collaboratives ou coopératives mises en place par des organismes vivants bien moins évolués que les êtres humains, mais assez intelligents pour s’entr’aider, soit au sein d’une même espèce, soit entre espèces différentes, ce dans les milieux les plus hostiles. 

Il serait sans doute très utile d’enseigner, sinon leur façon de faire, au moins leur façon d’être. Les systèmes éducatifs humains auraient grand intérêt à sortir du système autoritaire et à se focaliser sur ce que la nature a développé en matière d’alternative. Ils gagneraient considérablement en humilité et en efficacité. 

Enfin, la nature, dans son ensemble et sa complexité, est une extraordinaire œuvre d’art. Cette œuvre d’art s’est faite sans l’homme. Il serait bon que les hommes réapprennent à voir et apprécier le BEAU, l’artiste n’étant qu’un intercesseur.

Laisser un commentaire