Soyons pragmatiques et rendons, à nos gestes
Les plus simples, la plénitude de leurs sens.
Les plus circonstanciés de nos manifestes
Sont assaisonnés de malheureux contresens.
Faisons taire contrariétés et malaises !
Abandonnons les gesticulations vaines,
Oublions enfin les cogitations biaises.
La clé tant recherchée est là, dans nos veines…
Car en permanence nos sens nous renseignent
Sur la qualité de notre environnement.
Et le temps que nos ressentis nous imprègnent,
Notre esprit commande un nouveau comportement.
Aujourd’hui la mode est à l’automatique.
Nos corps font les gestes répétés trop souvent
Sans écouter les sens, sans mathématique.
Ainsi, aucun ouvrage ne reste captivant
Bien longtemps. Il se vide de tout intérêt.
Bien trop souvent agissons-nous sans réfléchir.
Et voilà l’origine du désintérêt
Pour ces petites tâches qu’il faut accomplir.
On les exécute sans aucune attention :
Vite fait pas bien fait. Le mental est ailleurs.
C’est la fin des métiers et de la création.
Voilà les ouvriers devenus travailleurs.
Quand bien même devrions-nous sacrifier l’art
Sur l’autel sacré de la rentabilité,
À la profession cantonnons le canular !
La vie privée doit, avec assiduité,
Cultiver l’essence du plus petit geste.
La solution des agissants responsables,
Pour éclaircir un peu le fumeux palimpseste
Des faits et gestes qui leur sont imputables.