C’est le sujet qui fait gamberger nos élus. Ils ont besoin d’argent pour “gérer” le pays, le sortir du marasme, payer ses dettes…
Toutes les recettes pour lever l’impôt sont utilisées. Certaines sont à peine perceptibles par le concitoyen lambda. Par exemple, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), taxe plus ou moins le travail de celui qui crée ou transforme quelque chose. L’impôt sur le revenu prélève une partie des revenus liés au travail, lorsque vous vendez votre temps, votre force, votre intelligence contre salaire. Mais aussi lorsque vous louez un bien immobilier qui vous appartient, ou même lorsque vous ne le louez pas, avec la taxe sur les logements vacants… Ou encore lorsque vous faites “travailler” votre argent, en payant l’impôt sur vos revenus financiers.
Mille façons plus ou moins discrètes existent ainsi pour rançonner vos faits et gestes, et certaines personnes, sans doute de plus en plus nombreuses, finissent par comprendre que la pression fiscale est trop importante pour justifier l’intérêt de poursuivre une activité économique.
Le professeur d’économie américain Arthur Laffer a tenté de traduire mathématiquement cette tendance par une belle courbe en cloche, qui porte aujourd’hui son nom et qui eut son heure de gloire. La politique libérale suivie par bien des gouvernants d’aujourd’hui s’y réfère toujours. Ces derniers doivent être assez adroits pour trouver le bon taux d’imposition, assez élevé pour couvrir le “train de vie” de l’État, et assez faible pour dissuader la population d’adopter le troc et un mode de vie minimaliste…
De fait, cette théorie simpliste cache mal aujourd’hui le hiatus entre la nécessité de couvrir les frais d’une administration qui dépense beaucoup d’énergie et d’intelligence pour justifier sa seule existence, et celle de remettre au goût du jour la responsabilité de chacun dans la prospérité du pays dans lequel il a choisi de vivre.
La population d’un pays qui paie cher, sous la forme de l’impôt, le droit d’y résider, devient beaucoup plus exigeant et difficile à convaincre de payer plus pour, au bout du compte, moins de services publics…
CQFD.