Halloween

La vieille Europe (particulièrement la France) a résisté jusque dans les années 90 à ce rituel venu, ou plutôt revenu des “Amériques”… Car les racines de cette fête païenne sont, en partie au moins, d’origine celte

Cette civilisation mal connue connaissait deux saisons, une “claire” pour le printemps et l’été, et l’autre “sombre” pour l’automne et l’hiver, suivant ainsi le cycle solaire à sa façon. Les livres de Jean Markale (dont “Le druidisme. Traditions et dieux des Celtes” donnent le détail d’une parenthèse festive d’une semaine, la fête de Samain, qui s’insérait entre la saison claire et la saison sombre, et célèbrait la “visite” des morts aux vivants. Les contingents irlandais, qui ont contribué à peupler l’Amérique du Nord, ont perpétué cette tradition rejoignant celle des natifs, chez qui les morts restaient très proches des vivants, et entretenaient leur culte par des fêtes et des offrandes. 

Les colons espagnols qui s’installent en Amérique Centrale ont les plus grandes difficultés à faire oublier ce rite païen. Ils s’arrangent avec la réalité aztèque et jumellent la très catholique Toussaint du 1er novembre, avec la fête des morts, le 2 novembre…

Les rites des uns et des autres ont fini par fusionner dans un néo-rite païen américain, la fête d’Halloveen, qui renverse le monde à sa façon, en donnant aux enfants le pouvoir de jeter des sorts, et en infantilisant les adultes qui y “croient”. La Mort est une façon de célébrer la Vie ; les rites ancestraux toujours reviennent en lumière.

La fête d’Halloween européenne s’est développée sur ces bases païennes, vigoureusement encouragée par le sens des affaires occidental. Elle irrite les tenants des rites religieux (fête de Noël…), et suscite même des contrefeux, comme Holyween, une nuit chrétienne consacrée à la prière, pour chasser, encore et toujours, les sorcières…

Une constante semble la règle, partout sur la planète, dans cet hommage aux morts : la fête.

La Toussaint est “recueillie” en métropole : les moines de l’abbaye de Cluny l’ont l’instaurée pour le repos des morts. Mais c’est la fête dans les cimetières en Guadeloupe… Le Mexique est réputé pour sa fête des morts. En Haïti on fête les “guédés”, les esprits des morts, dans des cérémonies conduites par des prêtres vaudous.

Au Salvador la fête des morts dure encore plusieurs jours, alors que dans les pays prospères, elle est devenue la fête d’un soir, car le productivisme n’autorise la fête que pour consommer, avant de reprendre le travail, dès que possible.

Les boliviens marquent leur différence en fêtant leurs morts une semaine après la Toussaint. La Sicile aussi conserve une certaine originalité : “la festa dei morti” est dédiée aux enfants. Les morts jouent les Pères-Noël en cachant pour eux des sucreries dans les maisons, la nuit du 1er au 2 novembre. Le lendemain, les familles se rendent dans les catacombes, puis participent a un grand repas, accompagné de douceurs comme les “pupi di cena”, les “ossa en fave dei morti”ou les “frutta martorana”.

Les chinois fêtent leurs morts au printemps, avec des offrandes sur les tombes de leurs ancêtres. Comme beaucoup de fêtes des morts à travers le monde, la fête d’Obon, au Japon, est loin d’être triste. Généralement célébrée vers le 15 août, cette fête de trois jours remonte à plus de 500 ans. Les japonais rendent hommage à leurs proches perdus et allument des feux de joie géants ainsi que des lanternes, qu’ils déposent le long d’une rivière à la fin des festivités. 

Au Népal, les vaches sont au premier rang de la fête pour conduire les défunts de l’année vers l’au-delà…

Partout et de tout temps la fête a tenu lieu de transition, de lien entre les vivants et les morts, par les banquets, les chants et les danses, les feux et les offrandes. 

Que la fête continue !

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