Les jeunes apprennent intuitivement et très tôt à maîtriser les outils informatiques. Les écrans sont des fenêtres qu’ils ouvrent à volonté sur des univers où la fiction se mêle au réel. Lorsque leur ancrage au réel n’est pas assez fort, ou trop rébarbatif, ils ont facilement recours à l’écran pour tenter d’éliminer les pressions et les stress qui proviennent des sphères professionnelle, familiale ou scolaire.
Ils peuvent ainsi glisser insensiblement dans une forme d’addiction qui les mènera à l’isolement physique.
Psychanalystes et psychiatres nomment ce retrait relationnel Hikikomori, syndrome apparu au Japon dans les années 90, qui couvre plus ou moins un mécanisme de défense, connu en occident sous la désignation de phobie sociale ou de trouble de l’anxiété sociale. Ce mal-être touche aujourd’hui des profils de plus en plus jeunes, du fait de leur aisance numérique. Ce réflexe de défense peut s’exacerber sous la pression, récente, des entreprises de réseautage social, qui peuvent agir défavorablement en relayant sur internet des informations tendancieuses, calomnieuses, déformées ou mensongères. Les effets peuvent être particulièrement dévastateurs sur des adolescents dont la personnalité est en devenir.
La sphère numérique cache des techniques de vente qui présentent elles aussi des risques importants. Pour des esprits avertis, ils sont minimes. Il s’agit de ces algorithmes mystérieux qui permettent aux moteurs de recherche, renseignés par les sites sur lesquels nous butinons, de nous proposer des adresses et des informations en rapport avec notre curiosité du moment.
L’impact sur de jeunes esprits de cette technique de marketing, devenue très banale, ne fait toutefois aucun doute.
La preuve est faite que des jeunes en difficulté, ayant fait des recherches sur internet concernant des pratiques mortifères, et qui re retrouvent sollicitées par d’autres sources du même acabit, sont très exposés au risque du suicide.
Ces maux sont confinés, cachés dans la sphère familiale ou intime, ce qui renforce l’isolement de ceux, de plus en plus nombreux, qui devraient être protégés.
Le gouvernement français a ainsi fixé la santé mentale de sa population comme grande cause nationale pour 2025, en soulignant que ce problème concernait un français sur cinq. Il est en réalité bien plus répandu, précisément auprès des jeunes.
L’Organisation Mondiale de la Santé indique pour sa part que près de 85 % de la population mondiale n’est pas en bonne santé mentale. Elle insiste sur le fait que si ce taux reste à peu près stable chez les plus de cinquante ans, il est en forte croissance chez les plus jeunes depuis une dizaine d’années.
Totalement flippant!!! Mes jeunes râlent régulièrement de ma position d’Ayatollah anti écrans… Mais je sens régulièrement poindre aussi une véritable compréhension de l’enjeu pour leur santé mentale, de leur part.
Merci pour le soutien!!!