Aujourd’hui, ce qui détermine la valeur d’un bien ou d’un service, c’est le marché.
À qualité équivalente, un produit – bien ou service – vaut cher s’il est rare, ou pas grand chose quand il est abondant. C’est le moteur essentiel de l’économie de marché.
Ainsi des produits agricoles, qui ne rémunèrent plus les producteurs pour leur travail, comme des productions industrielles, qui se dévaluent quand elles deviennent abondantes ; à ce stade, le savoir-faire fourni par les ouvriers et les paysans est devenu un service abondant sur le “marché » du travail, et il ne vaut plus grand chose. Alors on ruse en réduisant la durabilité des produits, et en produisant sans cesse de nouveaux produits censés être plus performants… Hormis la rareté, quelques actions peuvent donc rendre de la valeur à tout ce qui compose l’environnement des hommes, la destruction étant la plus efficace. Ceux qui ont fait de l’économie au lycée se souviennent peut-être de l’exemple du café brésilien qui alimentait les locomotives à vapeur durant la crise de 1929… La guerre est une entreprise de destruction bien plus efficace ; la guerre est une corollaire de l’économie de marché.
Certaines richesses naturelles ou humaines devenant rares, la gratuité des unes (air pur, eau pure…) la valeur des autres grimpe en flèche. Elles font leur entrée sur le marché. De même la chute de la natalité donne de la valeur à l’enfant. Crise démographique oblige, les offices statistiques français deviennent particulièrement diserts sur la valeur des enfants : on sait très précisément combien ils coûtent à leurs parents… L’Institut de Recherches Économiques et Sociales (IRES) a étudié récemment la question (à partir de données chiffrées de plus de 12 ans) et la presse nationale en a largement répercuté quelques morceaux choisis ; “jusqu’à vingt ans, le coût moyen mensuel d’un enfant est de 750 € / mois…” L’étude reconnait ne pas prendre en compte l’apport bénévole (je reviendrai la semaine prochaine sur cette notion de bénévolat) non quantifiable, des parents.
Personne ne sait encore chiffrer la valeur de l’amour, mais l’État a quand même une idée assez précise du coût de sa carence, et de ce que la société devra prendre en charge de soins, pour pallier au manque d’amour chez un adulte qui en a manqué étant enfant !
il reste à savoir si les enfants ultra-marins sont au même prix… Notre Président, lors de sa visite à Mayotte après le passage du dernier cyclone, a bien fait savoir aux mahorais qu’en nombre de naissances, la maternité de Mamoudzou était la première d’Europe. Ces enfants-là sont-ils intégrés dans les chiffres de l’IRES ?
Cette comptabilité est bien délicate. Mayotte rend service aux statisticiens pour soutenir un taux de natalité français légèrement supérieur au taux européen, mais le coût de la maternité de Mayotte, certes en territoire français mais unique sur tout l’archipel des Comores, coûte un bras au contribuable métropolitain…
Trop, c’est trop ! Ces enfants-là ne valent rien sur le marché…
Faut-il se féliciter de l’efficacité du cyclone Chido ?
Il a détruit 90 % du bâti ; la reconstruction devrait faire baisser le niveau de chômage…
Mais il semble qu’il n’ait pas tué suffisamment (une quarantaine de morts) dans ce département surpeuplé. La classe politique glose sur la fiabilité des données de l’INSEE. Laissons travailler les statisticiens ; le recensement doit être achevé cette année…
Pourra-t-on en déduire la valeur de la vie d’un enfant ?
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