Respect

Selon qu’on le ressent comme une obligation ou comme un sentiment, le respect prend un sens bien différent. C’est qu’il doit passer par la raison pour être accepté comme sentiment… La question est alors de savoir si un sentiment peut être “raisonnable”.

L’affectif n’accepte pas si facilement de se plier au diktat du rationnel.

Le respect est une notion qui se situe à l’articulation du cœur et de l’esprit.

C’est une disposition du cœur. Il suppose une reconnaissance sincère de l’autre, une forme d’empathie et de considération qui naît du sentiment. C’est par le cœur que nous accordons de la valeur aux autres et que nous ressentons le besoin de les traiter avec dignité. C’est aussi un produit de l’esprit. Il repose sur un jugement rationnel et une compréhension des normes sociales, morales et philosophiques. Le respect implique une réflexion sur les droits, les différences et les principes qui régissent la vie en société. Ainsi, le respect ne se limite ni à un simple ressenti ni à une pure obligation rationnelle : il naît d’une harmonie entre le cœur, qui permet de ressentir l’importance de l’autre, et l’esprit, qui en comprend les implications et les exigences.

Le manque de respect vient le plus souvent du court-circuit provoqué par un autre sentiment dans le jugement nécessaire à l’élaboration du respect. L’exemple le plus courant est la peur, qui inhibe la raison et bloque l’épanouissement du respect. C’est ainsi que fleurit le racisme. Sous l’empire de la colère, de la même façon, estime et considération disparaissent. La tristesse aussi mène à l’irrévérence (vis-à-vis des autres) et au dédain de soi-même, le plus court chemin vers la dépression.

Pour les enfants, l’apprentissage du respect est une discipline à part entière ; il n’est pas inné. L’enseigner, c’est montrer l’exemple, en respectant les autres, en se respectant soi-même autant que toute autre forme de vie. L’empathie est encore une bonne stratégie ; le raisonnement se construit en se mettant à la place de l’autre. Obéir aux règles est une saine discipline, pourvu que ces dernières soient claires et que leur utilité soit logiquement démontrée. Le raisonnement tient là une place majeure ! Il se développe dans la bienveillance et le dialogue.

La transition adolescente peut être insolente lorsque la raison a précédemment fait défaut. Il est encore temps d’apprendre, pour devenir un adulte respecté. 

Il n’est ici question que du sentiment sincère, de l’estime débarrassée de toute considération pour le pouvoir et l’argent.

Laissons la première place au respect pour tout ce qui vit, et qui forme une pyramide au sommet de laquelle nous sommes assis.

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