Pour bien comprendre les dangers qui nous guettent aujourd’hui, il m’a semblé intéressant de faire un parallèle entre deux mondes, celui de la charcuterie et celui de l’information. Ceux que ce rapprochement surprendraient doivent savoir que je suis tombé tout petit dans la marmite charcutière ; c’était le métier de mes parents, et de mes grand-parents… Ils doivent aussi savoir qu’une partie conséquente de mes études tient dans le traitement de l’information…
Ces deux activités ont un point commun : le risque du poison.
Pour la charcuterie, je renvoie aux deux livres de Guillaume Coudray consacrés à la charcuterie. Ils sont fort bien documentés, et mon expérience familiale le confirme : la charcuterie tenait la première place dans notre alimentation, mais mes grands-parents ni mes parents ne sont morts victimes d’un cancer du côlon. J’ai moi-même cessé de consommer de la charcuterie lorsque mon père a pris sa retraite, et tout va bien, merci !
Mon grand-père appris ce métier à partir d’un savoir populaire qui s’est transmis de génération en génération. La charcuterie gauloise était fort renommée : elle avait conquis les meilleures tables romaines, plus vite que les troupes de César la Gaule… Il l’a transmis à mon père, qui a su éviter les sirènes de la chimie moderne. L’emploi « raisonné » du nitrate de potassium et du nitrite de sodium a transformé le métier et facilité son industrialisation, au point que la plupart des charcutiers d’aujourd’hui ne sont plus que des épiciers qui se contentent de revendre des produits d’usine.
Or, depuis dix ans la preuve est faite ; la charcuterie nitrée est cancérogène. Le poison est en vente libre, bien caché dans des produits qui ont fait dans le passé la gloire des tables de France.
Et l’on s’étonne de l’état permanent de faillite de notre sécurité sociale !
Le même problème se reproduit dans le domaine de l’information. Les artisans journalistes ont développé et vaille que vaille maintenu leur savoir-faire en matière d’enquête jusque très récemment. Ils parviennent encore à identifier l’information corrompue qui fait le bonheur de la presse de rue et des réseaux sociaux. Ils passent beaucoup de temps à faire le tri pour nous donner des informations fiables au moment où ils la diffusent… Ils sont aussi conscient du fait que l’intelligence artificielle (IA) bouleverse leur métier de fond en comble. L’information est devenue un ensemble de « données » qui nourrissent des algorithmes, et qui sont remises au goût des consommateurs de « chat GPT » ou autre intelligence artificielle.
Ces données peuvent être empoisonnées de façon directe, et le poison, une donnée corrompue, s’activer avec une clé de codage. Le poison peut aussi être employé de façon indirecte, mais tout aussi nocive, en mêlant aux data des informations biaisées en infime quantité… L’effet est tout aussi efficace, et dans un cas comme dans l’autre, il est tout aussi difficile de faire le tri. La totalité des données qui se réfèrent au sujet ciblé sont corrompues.
Voilà le cancer qui menace le cerveau de notre jeunesse, de la même façon que les cancers stimulés par le nitrate de potassium et le nitrite de sodium s’attaquent à nos »seconds cerveaux »… Qu’on se le dise !