Sécurité sociale

Elle vient d’avoir 80 ans et c’est une particularité française.

Par le biais de systèmes et d’institutions majoritairement publics, l’État collecte et redistribue « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », pour donner à tous une assurance contre les risques sociaux comme la maladie, la vieillesse, le chômage…

Cette idée de partage (« Give if you can, take if you have to ») n’est pas l’apanage de la France, mais les circonstances de l’après-guerre y permettent sa mise en place. C’est alors un régime général unifié, universel, et géré par les travailleurs eux-mêmes. Le principe autogestionnaire a cédé la place à l’État ou à des sociétés de droit privé (mutuelles) soumises à son contrôle. Mais il subsiste encore, en Alsace-Moselle, un régime local issu de la protection sociale allemande, mise en place par Bismarck dans la région après la guerre de 1870. Les représentants des travailleurs ont lutté pour conserver cette prérogative autogestionnaire, et caisse locale d’assurance maladie présente encore aujourd’hui un budget équilibré (légèrement excédentaire).

On pourrait en déduire que les principes autogestionnaires initiaux avaient peut-être du bon. La caisse d’Alsace-Moselle est gérée par un Conseil d’Administration, qui comprend 23 représentants des assurés sociaux désignés par les unions départementales des syndicats de salariés. Ils n’ont pas été élus directement, ce que ne manquent pas de pointer les pouvoirs publics… Mais cette caisse locale n’est cependant pas en déficit, contrairement au régime général. 

Pourquoi ?

Sans doute l’État, devenu omnipotent et omniscient, s’est-il désincarné ; il ne représente plus, ou plus assez, sa population. La démocratie représentative a pris de l’embonpoint et perdu une bonne partie de son sens. Les élections ne mobilisent plus les foules, hors celles qui permettent de choisir les conseillers municipaux, les représentants les plus proches de leur base…

Le précepte « Fais ce que voudras« , cher aux thélémites, prend sa revanche ! 

Les fumeurs se goudronnent l’intérieur, les buveurs étrécissent leurs cerveaux, les drogues de synthèse les plus addictives détruisent des populations entières, dont la santé vacillante est prise en charge par l’État, comme une revanche sur son aveuglement…

Pour survivre, la démocratie doit (re)devenir participative.

Chacun comprendra peut-être alors que ce sont ses voisins qui prennent en charge ses excès.

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