Le sommeil des enfants

L’étude scientifique du système nerveux humain (neurosciences) ne date pas d’hier, mais on dispose aujourd’hui d’outils d’investigation qui permettent de “voir” ce qui se passe dans un corps humain soumis à certaines conditions. Les parents n’en ont en général pas besoin pour savoir, à partir de la simple observation de leurs enfants, quand ils ont faim, soif ou besoin de dormir. Les conditions de vie actuelles peuvent pourtant brouiller ces observations et induire d’importants retards dans le développement du cerveau des enfants.

L’université américaine du Colorado mène des recherches qui mettent en évidence les conséquences des couchers tardifs sur le développement du cerveau des jeunes enfants.

Un article paru cette semaine dans “The Conversation » en présente une synthèse ; les preuves sont faites des effets du manque de sommeil sur le développement du cerveau, et des conséquences à long terme sur leur réussite scolaire, leur santé mentale et particulièrement leur capacité à gérer le stress et les émotions.

Ces études mettent en évidence le lien très fort entre les disparités socio-économiques des familles et la taille d’une région précise du cerveau des enfants, l’amygdale.

Il semble évident que des conditions de vie difficiles les exposent à la promiscuité, au bruit, et aux couchers tardifs. Cette réalité semble le plus souvent ne pas prêter à conséquence, car les petits sont réputés pouvoir dormir dans des conditions difficiles. 

Les enfants des familles à faible revenu vivant en milieu urbain subissent pourtant une carence en sommeil qui portera préjudice à leur épanouissement futur.

Ces études ont aussi démontré que l’amygdale du cerveau chez les filles se développe plus tôt que chez les garçons. Le manque de sommeil de ces derniers à partir de l’âge de 5 ans jusqu’à l’adolescence peut donc leur être particulièrement préjudiciable.

D’autres données, par exemple culturelles, peuvent s’ajouter aux conditions de vie difficiles. Les populations migrantes conservent souvent, dans le pays d’accueil, le rythme de vie de leur pays d’origine. Les journées chaudes génèrent par exemple une vie nocturne plus importante, ce qui n’a pas de conséquence sur des adultes, dont les besoins en sommeil sont moindres. Les enfants sont en revanche fortement exposés à ce risque. Les conditions et le rythme de vie du pays d’accueil ne leur permettent pas de récupérer dans la journée. Ces familles y jouent pourtant un rôle économique essentiel, avec un taux de natalité plus élevé que les autochtones, et avec des capacités de travail dans des conditions difficiles, qui dissuadent les natifs mieux nantis. L’intérêt de sociétés développées est de veiller à offrir à ces enfants des conditions de vie qui feront d’eux des citoyens à part entière, et en bonne santé mentale.

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